Plein potentiel : la performance à tout prix, un frein à la réussite

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Crédit photo : F. Lapointe

Etes-vous du genre à vouloir être performant.e.s dans tout ce que vous entreprenez ? Êtes-vous de ceux et celles qui abandonnent lorsque les résultats ne viennent pas rapidement ? Vous fixez-vous des objectifs difficilement réalisables qui ne sont pas adaptés à la réalité ? Et si je vous disais que vous faites une grave erreur ?

Vouloir être performant

Août 2019. J’avais prévu aller courir cette journée-là, mais je n’étais pas tellement motivé. Il faut dire que j’étais particulièrement fatigué et que j’avais des maux de dos depuis quelques jours. C’était particulièrement handicapant ce jour-là. Le mot handicapant est peut-être à relativiser ici. Mes deux bras et mes deux jambes étaient totalement fonctionnels et je n’étais pas sur mon lit de mort. Je pouvais manifestement aller courir sans me blesser, mais je me disais que mes performances seraient mauvaises.

D’ailleurs, je me suis rendu compte assez rapidement que cette façon de penser était la source de ma démotivation. Ça me décourageait, car je me disais que je n’allais pas offrir une bonne performance.

Vous savez quand il y a un véritable combat de boxe entre vos pensées dans votre tête ? C’est ce qui se passait.

«N’y va pas, ça ne sert à rien», «Tu le mérites, tu travailles assez fort», «J’avais prévu aller courir, il faut que j’y aille»… Vous connaissez la chanson.

À partir du moment où j’ai réalisé que le fait de devoir offrir une bonne performance à tout prix me démotivait, j’ai décidé de changer mon fusil d’épaule et d’opter pour une approche différente. Qu’est-ce qui serait plus motivant ?

J’ai décidé d’aller courir sans me donner d’objectif de distance et de partir lentement. Les premiers mètres m’ont permis d’évaluer mon état et d’analyser comment je me sentais physiquement et mentalement. Après le premier kilomètre, ça se passait très bien. J’avais un rythme semblable à ma norme habituelle de début de parcours (j’ai tendance à commencer lentement puis à prendre de la vitesse en milieu de trajet). Cette constatation m’a fourni une bonne motivation pour pousser un peu plus fort. Je ne savais toujours pas quelle distance j’allais faire, mais je me disais que j’allais essayer de faire le plus long possible. En soi, c’était très motivant de performer au-delà de mes attentes.

Si vous attendez de vous sentir dans un état optimal pour passer à l’action, vous risquez de ne pas vous mettre en mouvement très souvent.

Pour vous situer en contexte, je n’ai pas couru beaucoup l’été dernier et j’étais assurément moins en forme que les années précédentes. Lorsque j’y allais, c’était par coup de 3 à 5 km. Si je me souviens bien, j’ai fait autour de 4km cette journée-là. En bref, c’était une course comme les autres pour ma forme physique de ce moment-là. Et même si j’avais couru seulement 2 km, ça aurait été mieux que de ne pas courir du tout.

En tirer une leçon

Évidemment, vous me voyez probablement venir. J’ai passé proche de ne pas courir cette journée-là. Je n’en serai pas mort, on s’entend, mais je n’aurais pas été fier de moi. Et vous savez comme moi que lorsqu’on commence à sauter un entrainement, ça peut rapidement se transformer en deux et trois entrainements. On se retrouve quelques mois plus tard à se demander ce qui s’est passé et comment nous sommes devenus si triste, démotivé.e et sédentaire.

Si vous attendez de vous sentir dans un état optimal pour passer à l’action, vous risquez de ne pas vous mettre en mouvement très souvent. Savez-vous que les athlètes sont dans leur « zone » (une sorte d’état optimal de performance) seulement 10 à 20% du temps ? Il faut s’attendre à ne pas être toujours à 100% de nos capacités et trouver des moyens pour faire face à l’adversité. C’est dans ces moments-là qu’on renforcit le plus notre mental.

Mieux vaut faire plusieurs petits pas qui vous font avancer que des grandes enjambées qui vous feront trébucher.

Bref, la leçon que j’aimerais vous transmettre ici est la suivante. Les objectifs de performance sont parfois un frein à votre réussite. Si vous êtes démotivé, voir vos objectifs à la baisse vous aidera à passer à l’action. Aussi, il ne faut pas négliger le fait que la motivation vient parfois en cours de route. Si vous vous sentez mieux que vous l’auriez cru, il sera toujours possible de réévaluer et d’ajuster vos objectifs en conséquence.

Lorsqu’on cherche trop la perfection, on s’empêche de grandir et de se développer. On veut tellement offrir une performance sans faille, qu’on en finit parfois par n’offrir aucune performance du tout. Les objectifs sont là en partie pour vous motiver. S’ils sont trop difficiles ou irréalistes, ils seront une source de découragement.

En terminant, j’aimerais dire que les gens associent trop souvent une mauvaise performance à un échec. Pourtant, les moments difficiles sont parfois une grande source d’apprentissage et de développement. Aussi, n’oubliez pas qu’une progression lente reste un pas dans la bonne direction. Mieux vaut faire plusieurs petits pas qui vous font avancer que des grandes enjambées qui vous feront trébucher.

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