Reportage : Pickleball : L’émancipation d’un sport

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D’heureux participant.e.s venant tout juste de terminer leur clinique de niveau «initiation» au CAPS de l’UQTR. Crédit photo : Pickleball 3R

Nous sommes en début de session. Voilà venu le temps de reprendre l’entraînement au Centre de l’Activité Physique (CAPS) de l’Université. En ce dimanche matin, l’achalandage n’est pas à son paroxysme dans la salle d’entraînement ni sur la piste de course. Par contre, dans les gymnases, c’est tout le contraire. Tous les terrains sont occupés et plusieurs personnes s’adonnent à un même sport. J’ignore de quel sport il s’agit. Il me fait penser au tennis. Il me fait penser au ping-pong. Il me fait penser au badminton. Le pickleball semble être un heureux mélange des trois.

Une partie vient tout juste de prendre fin. Les deux opposants vont s’asseoir sur l’un des bancs suédois du gymnase. La rivalité qui les opposait semble tout à coup dissipée. Ils semblent maintenant pouvoir s’aimer de nouveau sur leur banc en bois. J’en déduis qu’il s’agit d’un couple. Je me présente; Antoine. Il se présente; Michel. Elle se présente; Ginette. Je finis par apprendre qu’ils font partie de l’âge d’or, couleur de leur raquette à l’appui. Je tente d’en apprendre plus sur le pickleball; ils sont, pendant une dizaine de minutes, mes informateur.e.s.

Michel et Ginette venaient souvent au CAPS pour jouer ensemble au badminton. C’est là qu’ils ont vu, pour la première fois, des gens jouer au pickleball. Ils ont eu une sorte de coup de foudre sportif. Michel explique : «Ensuite de ça, ça a été du bouche-à-oreille. On a décidé d’aller s’acheter une raquette pour essayer ça, nous autres aussi.». Les deux amoureux sont tombés amoureux de ce sport. Ils ont commencé il y a peu de temps à s’exercer et ils ont déjà fait de beaux progrès. Les ayant vu jouer plus tôt, je peux confirmer leurs dires.

Lorsque je les questionne par rapport à la nouvelle popularité de ce sport, ils ont plusieurs réponses pour moi. Ginette m’explique que même si «Michel s’est étiré quelque chose dans l’épaule», il est capable de jouer quand même «parce que [c’est] pas trop exigeant». Le couple fait la comparaison entre le pickleball et le ping-pong : «Nous, on est des joueur.se.s de ping-pong, on aime ça parce que ça ressemble beaucoup au ping-pong, c’est juste que ça nous fait plus bouger». Nous discutons pendant une bonne dizaine de minutes. Je finis par apprendre que Ginette s’est inscrite à l’une des cliniques dispensées par le club communautaire Pickleball 3R au CAPS de l’UQTR. Je décide de joindre le club en question afin d’aller au fond des choses. Je salue mes deux informateurs et ils retournent sur le terrain, gagné.e.s d’une énergie renouvelée. 

«Nous, on est des joueur.se.s de ping-pong, on aime ça parce que ça ressemble beaucoup au ping-pong, c’est juste que ça nous fait plus bouger»

-Michel et ginette, usagers du caps de l’uqtr et joueur.se.s de pickleball

Pickleball 3R ou «comment partager une passion» 

Joint par téléphone, le sympathique président du club de Pickleball 3R, Gilles Cloutier, ne cache pas son bonheur devant la popularité grandissante de son sport. C’est d’ailleurs lui qui m’en explique les fondements. Ouvert et généreux de son temps, Monsieur Cloutier a répondu à mes interrogations. En raccrochant, j’avais déjà une idée beaucoup plus nette du phénomène.

Le président du club m’explique que le pickleball est un sport typiquement américain. Il mentionne que «ça commence à devenir populaire au Québec grâce aux «snowbirds» comme moi qui ont rapporté ça ici». Pour montrer la popularité du pickleball, monsieur Cloutier affirme qu’il n’y a pas moins de 3 millions de pratiquants chez nos voisins du sud. À titre d’exemple, il parle de la ville de Naples, en Floride, qui, à elle seule, compte 60 terrains.

«Ça commence à devenir populaire au Québec grâce aux «snowbirds» comme moi qui ont rapporté ça ici.»

-Gilles cloutier, président de club pickleball 3r

Nous en venons ensuite à parler de l’organisation qu’il préside. Le club Pickleball 3R se veut, selon monsieur Cloutier, «une façon de partager notre passion et surtout, de la rendre accessible». Fondé il y a un an, le club offre la chance aux Trifluvien.ne.s de tous les âges et de tous les niveaux de s’adonner à la pratique du Pickleball.

Pour montrer le large éventail de l’offre de son club, Gilles Cloutier m’explique que les ligues régies par son circuit se divisent en trois catégories, selon le calibre des joueur.euse.s. Monsieur Cloutier croit «qu’il s’agit d’une manière de s’assurer qu’un maximum de joueur.se.s y trouvent leur compte».

Questionné ensuite sur les avantages du pickleball et sur ce qui le rend si populaire, Monsieur Cloutier n’est pas avare d’hypothèses non plus. Selon lui, les bases techniques du pickleball sont assez faciles à apprendre et il est facile d’y progresser. Comme il le mentionne : «Aussitôt qu’un.e joueur.euse a acquis les bases, il sera en mesure d’avoir énormément de plaisir. Je crois que c’est ce qui attire les gens à choisir le pickleball plutôt que des sports plus difficiles comme le tennis, par exemple». 

Monsieur Cloutier mentionne aussi l’aspect social du pickleball : «C’est un sport convivial assez plaisant. Les gens aiment se réunir à plusieurs pour jouer en groupe». Il précise aussi que le pickleball est rarement un sport qui se pratique en un contre un. Il ajoute que «les gens préfèrent jouer en duo». Il croit que le fait qu’il s’agit d’un sport qui se joue autant à l’intérieur qu’à l’extérieur est aussi un facteur qui peut expliquer l’essor phénoménal du pickleball.

Si la majorité des activités du club Pickleball 3R ont lieu au parc Pie-XII à Trois-Rivières, d’autres ont lieu ici même, au CAPS de l’Université. C’est le cas, entre autres, des cliniques de formation organisées par le club.

En effet, Pickleball 3R offre, à ses membres, des cliniques afin que les joueur.se.s puissent se familiariser au pickleball ou s’y améliorer. Deux cliniques différentes sont offertes à ce moment-ci. La première, la clinique «initiation» s’adresse à ceux qui veulent toucher pour une première fois au pickleball. Elle dure environ 90 minutes. Le contenu de cette clinique est surtout basé sur les mouvements de base, sur les fondements et sur les règlements du pickleball, comme le mentionne M. Cloutier. La seconde clinique, dite de «niveau 1», s’adresse aux joueur.se.s plus expérimenté.e.s. Elle dure huit heures au total et est divisée en deux blocs de quatre heures. Gilles Cloutier souligne que ses cliniques sont de plus en plus prisées et que la demande est en forte croissance.

Quant à Ginette, qui s’est inscrite à la clinique d’initiation, elle est actuellement douzième sur la liste d’attente. Cela témoigne de toute l’ampleur qu’est en train de prendre le pickleball en Mauricie.

L’UQTR a aussi, l’an dernier, été l’hôte d’un tournoi provincial organisé conjointement par la Fédération québécoise de pickleball et le club Pickleball 3R. Monsieur Cloutier affirme que plus de 400 joueur.se.s étaient venu.e.s participer à cette compétition qui aura été un «franc succès sur toute la ligne», selon ses dires.

Il n’y a pas de doute. Trois-Rivières est submergée par une nouvelle vague, celle du pickleball.

Si vous êtes intéressé.e.s à y goûter vous aussi, sachez que les cliniques ont lieu les mardis, de 10 heures à midi, au CAPS de l’UQTR.

 Pour l’horaire complet, pour l’inscription ou pour toutes autres informations, rendez-vous sur le site web officiel du club de Pickleball 3R.

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